![]() |
|
|
Browse by Region
|
RDC- Arrestation de Mathieu Ngudjolo Chui
07 Feb 2008
7 Février 2008,
Chers Amis, Veuillez trouver ci-dessous les derniers développements relatifs à la situation en République démocratique du Congo (RDC), particulièrement des communiqués de presse de la CPI en rapport avec la récente arrestation et remise à la Cour pénale internationale de Mathieu Ngudjolo Chui, un ressortissant congolais et chef présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) et actuel colonel au sein de l'armée nationale du gouvernment (FARC). Ceci marque le troisième mandat d'arrêt descellé et exécuté dans le contexte de la situation en RDC. Veuillez noter le Règlement de la Coalition sur les renvois et poursuites des situations devant la Cour (plus bas), qui stipule de manière explicite que la CCPI ne prendra pas position sur des situations éventuelles, en cours, ou en phase d'analyse. La Coalition continuera cependant de fournir les derniers développements relatifs à la CPI. Bien à vous, Section Communication CCPI ---------------------------- Le document ci-dessous a été produit par la CPI. La Coalition pour la CPI le distribue dans le cadre de son mandat de fournir aux organisations membres et individus des informations relatives aux développements de la CPI. Le document ne reflète pas les visions de la Coalition en général ou de ses membres individuels. (1) Communiqué de presse de la CPI http://www.icc-cpi.int/press/pressreleases/329.html Troisième détenu à la Cour pénale internationale : Mathieu Ngudjolo Chui La Haye, 7 février 2008 ICC-CPI-20080207-PR284-FRA Swahili congolais Situation: République démocratique du Congo Affaire: Le Procureur c. Mathieu Ngudjolo Chui Mathieu Ngudjolo Chui, de nationalité congolaise, présumé ancien dirigeant du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI) et Colonel de l'armée nationale du Gouvernement de la RDC (FARDC), a été arrêté hier par les autorités congolaises et remis à la Cour pénale internationale. Il arrivera aujourd'hui au quartier pénitentiaire de la Cour à La Haye. Mathieu Ngudjolo Chui doit répondre de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre visés aux articles 7 et 8 du Statut, commis sur le territoire de la République démocratique du Congo depuis juillet 2002. Le 6 juillet 2007, après avoir examiné la requête et les éléments de preuve présentés par le Procureur, la Chambre préliminaire I a délivré sous scellés un mandat d'arrêt à l'encontre de Matthieu Ngudjolo Chui. Les scellés ont été levés le 7 février 2008. La date de la première comparution Mathieu Ngudjolo Chui sera annoncée prochainement. Les faits allégués La Chambre préliminaire I a conclu qu'il existe des motifs raisonnables de croire qu'en sa qualité de plus haut commandant du FNI, Mathieu Ngudjolo Chui a joué un rôle essentiel dans la conception et la mise en œuvre, le 24 février 2003 ou vers cette date, d'une attaque menée sans discrimination contre le village de Bogoro, sur le territoire de l'Ituri. La Chambre a également estimé qu'il existe des motifs raisonnables de croire que, pendant et après l'attaque du village de Bogoro dirigée principalement contre des civils d'ethnie hema, avec la participation active d'enfants âgés de moins de 15 ans, les actes criminels suivants ont été commis: meurtre d'environ 200 civils, atteintes graves à l'intégrité physique de civils ; arrestation, menace avec des armes et enfermement de civils dans une pièce remplie de cadavres ; pillages ; réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles. La Chambre a considéré de plus qu'il existe des motifs raisonnables de croire que Mathieu Ngudjolo Chui et d'autres hauts commandants militaires du FNI et de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI) se sont accordés sur un plan d'attaque du village de Bogoro, et que les actes criminels commis pendant cette attaque et par la suite faisaient partie d'un plan commun ou étaient, à tout le moins, une conséquence probable et acceptée de la mise en œuvre de ce plan commun. Selon la Chambre, il existe également des motifs raisonnables de croire que l'attaque contre Bogoro s'inscrivait dans le contexte d'un conflit armé sur le territoire de l'Ituri et qu'elle a été lancée conjointement par le FNI et la FRPI dans le cadre d'une attaque systématique et généralisée qui, entre janvier et mars 2003 au moins, a pris pour cible la population civile de certaines parties du territoire de l'Ituri, principalement d'ethnie hema. Les chefs d'accusation C'est ainsi que le mandat d'arrêt visant Mathieu Ngudjolo Chui énumère neuf chefs d'accusation, mettant en cause sa responsabilité pénale individuelle au sens des alinéas a) ou b) de l'article 25-3 du Statut de Rome : * Trois chefs de crimes contre l'humanité : meurtre (article 7-1-a), actes inhumains (article 7-1-k) et esclavage sexuel (article 7-1-g) * Six chefs de crimes de guerre : homicide intentionnel (article 8-2-a-i ou 8-2-c-i), traitements inhumains (article 8-2-a-ii) ou traitements cruels (article 8-2-c-i), fait de faire participer activement des enfants de moins de 15 ans à des hostilités (article 8‑2‑b‑xxvi ou 8-2-e-vii), esclavage sexuel (article 8-2-b-xxii ou 8-2-e-vi), fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des civils qui ne participent pas directement aux hostilités (article 8-2-b-i ou 8-2-e-i), et pillage d'une ville ou d'une localité, même prise d'assaut (article 8-2-b-xvi ou 8-2-e-v). Déclaration du Greffier Bruno Cathala, Greffier de la CPI, salue la décision d'un Etat partie au Statut de Rome d'exécuter une décision de la Cour. « Les autorités congolaises ont, une fois de plus, activement coopéré avec la Cour dans l'esprit du Statut, et exécuté une décision de justice en arrêtant eux-mêmes Mathieu Ngudjolo Chui et en le remettant à la CPI.», a-t-il déclaré. Rappel du contexte Mathieu Ngudjolo Chui est la troisième personne détenue par la CPI. Le 17 octobre 2007, Germain Katanga, ressortissant congolais et commandant présumé de la FRPI a été remis par les autorités congolaises à la Cour pénale internationale et transféré au siège de celle-ci. Il est poursuivi, en tant que coauteur, pour des crimes qui auraient été commis au cours de l'attaque menée de concert par le FNI et la FRPI contre le village de Bogoro, le 24 février 2003 ou vers cette date. Le 17 mars 2006, Thomas Lubanga Dyilo, ressortissant congolais, fondateur présumé et dirigeant de l'Union des patriotes congolais (UPC), a été transféré à la Cour. Le Procureur de la Cour a commencé à enquêter en République démocratique du Congo en juin 2004, après le renvoi à la Cour de la situation dans ce pays par le Gouvernement congolais. La situation en RDC est l'une des quatre situations sur lesquelles enquête actuellement le Bureau du Procureur. Les trois autres sont les suivantes : la situation en Ouganda, pour laquelle quatre mandats d'arrêt ont été délivrés, le 8 juillet 2005, à l'encontre de responsables de l'Armée de résistance du Seigneur ; la situation au Darfour (Soudan), pour laquelle des mandats d'arrêt ont été délivrés, le 27 avril 2007, à l'encontre d'Ahmad Muhammad Harun, ex-Ministre d'État chargé de l'intérieur et actuellement Ministre d'État chargé des affaires humanitaires au sein du Gouvernement soudanais, et d'Ali Muhammad Ali Abd‑Al‑Rahman (alias « Ali Kushayb »), dirigeant de miliciens/Janjaouid ; et la situation en République centrafricaine où l'enquête est actuellement en cours. Mandat d'arrêt à l'encontre de Mathieu Ngudjolo Chui ICC-01/04-02/07 - French I English ICC-01/04-02/07-Anx1 - Annex: French Décision de lever les scellés sur le mandat d'arrêt contre M. Mathieu Ngudjolo Chui ICC-01/04-02/07 - English Déroulement de la procédure à la suite de l'arrestation et la remise d'un suspect à la Cour ICC-PIDS-PRI-1/07 - Anglais | Français | Swahili Le quartier pénitentiaire de la CPI ICC-PIDS-PRI-02/07 - Anglais | Français | Swahili Informations pratiques Conférence de presse Le Procureur adjoint, Fatou Bensouda, et le conseiller juridique principal du Greffe, Phakiso Mochochoko, tiendront une conférence de presse au siège de la CPI à La Haye, le jeudi 7 février à 15:00. Les journalistes ne sont pas tenus de confirmer leur présence. La conférence de presse pourra être suivie sur le site Internet de la Cour, en français et en anglais: English: http://livestream.xs4all.nl/icc1.asx French: http://livestream.xs4all.nl/icc2.asx L'information technique relative à la transmission via satellite sera indiquée prochainement. Pour toute information complémentaire, prière de contacter Mme Sonia Robla, chef de la Section de l'information et de la documentation au n° de tél. : +31 (0)70 515-8089 ou portable +31 (0)6 46 44 87 26 ; ou à l'adresse électronique : [email protected] RDC : Paul Madidi, coordonnateur chargé de l'information et de la sensibilisation sur le terrain. N° de tél. :+243 99 801 1403 ou adresse électronique : [email protected] (2) Communiqué de presse du Bureau du Procureur http://www.icc-cpi.int/press/pressreleases/330.html BdP Déclaration du Bureau du Procureur donnant suite au transfèrement à La Haye de Mathieu Ngudjolo Chui La Haye, 7 février 2008 ICC-OTP-20080207-PR285-FRA Aujourd'hui, le Bureau du Procureur salue la remise au centre de détention de la Cour pénale internationale à La Haye de Mathieu Ngudjolo, un ancien haut commandant du Front des Nationalistes et Intégrationnistes (« FNI ») et de la Force de Résistance patriotique en Ituri (« FRPI » ) en République démocratique du Congo (RDC). « Nous avons des éléments de preuve solides. Mathieu Ngudjolo a commis des crimes d'une violence indicible contre des femmes, des hommes et des enfants. Le matin du 24 février 2004, en association avec notre autre suspect, Germain Katanga, il a ordonné à ses combattants d'attaquer et « d'effacer » le village de Bogoro. Environ 200 civils ont été assassinés et de très nombreux autres ont été agressés. Le village a été pillé par les forces du FNI et de la FRPI », a déclaré le Procureur. « Une fois de plus, par cette arrestation, nous démontrons qu'il ne peut y avoir d'impunité pour les crimes commis à grande échelle. C'est une promesse que nous faisons aux victimes et un message que nous envoyons aux criminels, y compris ceux qui se livrent actuellement à des atrocités dans les Kivu. Mon Bureau et la Cour prennent un engagement, un engagement que doit faire l'ensemble des États parties au Statut de Rome, en particulier ceux qui participent à des initiatives d'ordre économique ou politique ou en rapport avec la gestion des conflits. Il n'y aura pas d'impunité », a-t-il ajouté. Mathieu Ngudjolo est la troisième personne que les autorités de la RDC remettent à la CPI, après Thomas Lubanga et Germain Katanga. Il est le deuxième chef de milice à devoir répondre d'accusations dans le cadre de la deuxième affaire que le Procureur mène en RDC, laquelle traite de crimes qu'auraient commis les dirigeants des forces alliées du FNI et de la FRPI dans le district de l'Ituri. En juin 2007, le Bureau du Procureur a présenté sous scellés aux juges des éléments de preuve à l'encontre de Mathieu Ngudjolo. Il doit, tout comme Germain Katanga, répondre de trois chefs d'accusation pour crimes contre l'humanité et de six chefs pour crimes de guerre. « L'ordre d'attaque a été exécuté par les forces alliées sous leurs ordres et a eu des répercussions dévastatrices. Dans cette optique, M. Ngudjolo est également responsable des crimes horribles dont a été victime la population de Bogoro ce jour-là », a déclaré Fatou Bensouda, procureur adjointe chargée des poursuites dans cette affaire. « Des centaines de personnes ont été tuées, grièvement blessées ou terrorisées. Des femmes ont été contraintes de devenir des esclaves sexuelles. Les forces du FNI ont pillé le village et l'ont entièrement rasé. La population civile de Bogoro n'avait d'autre choix que de partir », a indiqué Mme Bensouda. Des civils auraient été pris pour cibles de crimes à grande échelle dans le cadre du conflit qui a opposé, dans le district de l'Ituri de la RDC, les forces alliées du FNI et de la FRPI de Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga à d'autres milices armées. En 2002 et 2003, plus de 8 000 civils ont trouvé la mort et plus d'un demi-million de personnes auraient dû fuir leur foyer en Ituri en raison du conflit qui faisait rage à l'époque. Le Bureau du Procureur fait valoir que Mathieu Ngudjolo porte la responsabilité de meurtres, d'actes inhumains et de réduction en esclavage sexuel au village de Bogoro, ce qui constitue des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, ainsi que de traitements cruels dans ce même village, ce qui constitue un crime de guerre. Les éléments de preuve de l'Accusation démontreront en outre que M. Ngudjolo s'est rendu coupable des crimes de guerre consistant à utiliser des enfants de moins de quinze ans afin de les faire participer activement à des hostilités, à lancer une attaque contre la population civile et à piller le village de Bogoro. Au début de 2003, M. Ngudjolo est apparu comme l'un des principaux commandants d'un groupe qui a commencé à se faire appeler le FNI. Il a ensuite été nommé parmi les trois plus hauts dirigeants des forces alliées du FNI et de la FRPI. En décembre 2006, il a été nommé au grade de colonel dans l'armée de la RDC. Les autorités du pays l'ont arrêté le 6 février 2008 et l'ont présenté devant un procureur national avant son transfèrement au centre de détention de la CPI à La Haye. Le Bureau du Procureur a commencé à enquêter à propos des crimes commis en République démocratique du Congo en juin 2004. La première affaire de l'Accusation en RDC vise Thomas Lubanga Dyilo, accusé des crimes de guerre d'enrôlement et de conscription d'enfants de moins de 15 ans et de leur utilisation afin de les faire participer activement à des hostilités en Ituri. Thomas Lubanga Dyilo était le commandant en chef des Forces patriotique pour la Libération du Congo (« FPLC »). La Chambre préliminaire I de la Cour a confirmé les charges qui pesaient à son encontre. Son procès devrait débuter le 31 mars 2008, faisant de lui la première personne jugée à la Cour pénale internationale. La deuxième affaire de l'Accusation en RDC vise Germain Katanga, un ancien commandant supérieur de la FRPI, qui a été remis au centre de détention de la CPI à La Haye le 17 octobre 2007. Le 30 janvier, la Chambre préliminaire I a reporté le début de l'audience de confirmation des charges, prévu à l'origine pour le 28 février 2008, à une date qui doit encore être fixée. Avec l'arrestation et le transfèrement de Mathieu Ngudjolo à la Cour, l'Accusation clôture une première phase de son enquête en RDC qui se concentre sur les crimes horribles commis par les dirigeants de groupes armés actifs en Ituri depuis juillet 2002. Le Bureau du Procureur passe désormais à une troisième enquête en RDC et d'autres mandats d'arrêt suivront dans les mois et les années à venir. Les agissements des groupes armés toujours en activité et qui, selon certaines sources, continueraient de commettre des crimes dans l'Est de la RDC et plus particulièrement dans les provinces du Kivu, de même que la situation des personnes qui pourraient avoir assumé un rôle d'appui et de soutien aux groupes armés de la RDC comptent parmi les principales options sur lesquelles le Bureau du Procureur concentre son attention pour cette troisième enquête. BdP Fiche de synthèse: Situation en République démocratique du Congo, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui - English | French Pour plus de renseignement, veuillez contacter : Nicola Fletcher, chargée de relation avec les médias pour le Bureau du Procureur (français) [email protected] +31 (0) 70 515 8071 (bureau) +31 (0) 650 890 473 (portable) Florence Olara, coordonatrice chargée de l'information pour le Bureau du Procureur [email protected] +31 (0) 70 515 8723 (bureau) +31 (0) 6 5029 4476 (portable) -------------------------------------- Règlement de la CCPI sur les renvois et poursuites de situations devant la CPI: La Coalition pour la CPI n'est pas un organe de la Cour. La Coalition pour la Cour pénale internationale milite et continuera de militer pour une Cour pénale internationale (CPI) juste, efficace, et indépendante. La Coalition continuera de fournir au jour le jour des informations sur le processus de la CPI et aidera à la coordination au plan mondial, d'actions en vue de la mise en œuvre efficace du Statut de Rome. La Coalition s'efforcera aussi de répondre aux questions et d'informer sur les mécanismes et procédures de déclenchement de la CPI, au fur et à mesures que ceux-ci se dérouleront. La Coalition en tant que telle et son secrétariat n'entendent cependant pas s'impliquer/promouvoir des enquêtes ou des poursuites spécifiques, ou prendre position dans les cas ou situations éventuelles, en cours ou en phase d'analyse devant la Cour. La Coalition s'efforcera au mieux de sensibiliser les populations sur la CPI, sa procédure, ses investigations etc., au fur et à mesures que celles-ci se dérouleront. Par ailleurs, plusieurs organisations membres de la Coalition ainsi que des individus pourraient s'impliquer à des renvois, fournir une assistance juridique et autres soutiens aux enquêtes, ou travailler à cet effet avec des ONG locales. Pour toute Communication à la CPI s'adresser à : Cour Pénale Internationale (CPI) P.O Box 19519 2500 CM La Haye Pays -Bas |
|
|