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RCA: Communiqué de la CCPI et de la FIDH sur la prochaine ouverture du procès Bemba
18 Nov 2010
Chers amis,
Veuillez trouver ci-dessous les derniers communiqués de presse de la Coalition pour la Cour pénale internationale (CCPI) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) en préparation de l'ouverture du troisième procès de la Cour pénale internationale contre Jean-Pierre Bemba le 22 novembre 2010 à 14h30, heure de La Haye. Veuillez noter que le procès sera retransmis en différé de 30mn sur le site de la Cour: http://livestream.xs4all.nl/icc1.asx Veuillez noter le Règlement de la Coalition sur les renvois et poursuites des situations devant la Cour (plus bas), qui stipule de manière explicite que la CCPI ne prendra pas position sur des situations éventuelles, en cours, ou en phase d’analyse. La Coalition continuera cependant de fournir les derniers développements relatifs à la CPI. Pour plus d'informations, voir le site de la Coalition: www.coalitionfortheicc.org Cordialement, Secrétariat de la CCPI www.coalitionfortheicc.org ************************************************ I. COMMUNIQUE DE LA CCPI ET DE LA FIDH (1) "OUVERTURE DU PROCÈS BEMBA À LA HAYE: Le procès contre l’ancien Vice-président de la RDC pour des crimes qu’ils auraient commis en République centrafricaine suscite de grandes attentes" La Haye - Le 22 novembre 2010, s’ouvrira à la Cour pénale internationale (CPI) le procès contre Jean-Pierre Bemba Gombo pour des crimes qu’il est suspecté d’avoir commis en République centrafricaine (RCA). La Coalition pour la Cour pénale internationale a déclaré aujourd’hui que l’ouverture du procès Bemba, le troisième procès dans l’histoire de la CPI, constitue un nouveau pas en avant dans l’objectif de la Cour visant à poursuivre en justice les auteurs des crimes internationaux les plus graves. « Les victimes et les organisations de la société civile en RCA ont recherché depuis très longtemps à ce que justice soit rendue pour les crimes graves dont est accusé M. Bemba », a déclaré William R. Pace, Coordinateur de la Coalition pour la CPI. « La Coalition suivra le procès avec attention pour s’assurer que les principes fondamentaux soient respectés, notamment le droit à un procès équitable et le droit des victimes de participer aux audiences. La Coalition soutiendra la Cour dans ses efforts pour rendre le procès plus accessible aux victimes et aux communautés affectées, notamment dans ses activités de sensibilisation. Nous appelons également tous les organes de la Cour à mieux expliquer les procédures et à faire tout leur possible pour réduire les délais entre les arrestations et les procès. » Deux ans après l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, plus de sept ans après les faits allégués et après deux reports successifs, les attentes vis-à-vis de la première et unique affaire de la CPI en RCA sont grandes. « L’ouverture du procès Bemba est un moment historique pour les victimes de la République centrafricaine qui gardent espoir de voir la CPI leur rendre justice », a indiqué Lucille Mazangue de la Coalition centrafricaine pour la CPI. « L’attente des victimes et le dépérissement des preuves s’accentuent à mesure que le temps passe. Nous espérons donc que le procès se déroulera en bonne et due forme sans retard excessif. » Jean-Pierre Bemba est accusé, en tant que chef hiérarchique, de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et de crimes de guerre (viol, meurtre et pillage) commis en RCA entre le 26 octobre 2002 et le 15 mars 2003. L’Accusation a informé les juges que 14 personnes témoigneront en tant que victimes de viols ou de violences sexuelles, ou en qualité d’experts sur les crimes sexospécifiques. « Ce procès ouvre de nouvelles perspectives à la CPI. En effet, les preuves de violences sexuelles constituent une grande partie du dossier de l’Accusation et c’est la première fois que la responsabilité d’un accusé en tant que chef hiérarchique dans une affaire de viols est mise en avant dans un procès de la CPI », a déclaré Brigid Inder, Directrice exécutive de Women’s Initiatives for Gender Justice. « Bien que la décision de la Chambre préliminaire de ne pas confirmer toutes les charges de violences sexuelles nous préoccupe, nous appelons la Chambre de première instance à reconnaître les preuves des dommages infligés aux victimes et aux survivants de ces crimes. Le procès Bemba constitue une opportunité pour la Cour de démontrer aux femmes que la violence sexuelle est un crime grave qui justifie de poursuivre en justice les responsables ; et de montrer aux chefs des forces armées et de milices qu’ils seront tenus pour responsables s’ils n’empêchent pas leurs subordonnés de commettre des crimes sexospécifiques ou ne sanctionnent pas les responsables. » Une caractéristique novatrice des procès de la CPI est le droit des victimes de participer aux procédures. Cent trente-quatre victimes participeront au procès Bemba par le biais de leur représentant légal, Maître Marie-Édith Douzima Lawson. « Le nombre de victimes participant à ce procès est sans précédent. Plus de sept cent victimes de viol, meurtre et pillage seront représentées lors du procès Bemba et seront à même d’exercer leur droit de participation aux procédures », a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). « La FIDH se réjouit de l’ouverture de ce premier procès pour les graves crimes qui ont été commis en République centrafricaine, d’autant plus qu’il permettra de briser le silence et de mettre un terme à la stigmatisation des victimes de viols. Le viol a été utilisé en tant qu’arme de guerre en RCA. Nous espérons que ce procès éclairera les zones d’ombre concernant les atrocités commises en RCA entre 2002 et 2003 et que les autres personnes impliquées dans ces crimes, y compris les autres parties du conflit, seront jugées à leur tour. » Jean-Pierre Bemba était le président et le commandant-en-chef du “Mouvement de Libération du Congo” (MLC) au moment des faits présumés. Il est aussi l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) et sénateur au Parlement congolais. M. Bemba est défendu par Maître Nkwebe Liriss et Maître Aimé Kilolo-Musamba. Contexte Le mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre de Jean-Pierre Bemba Gombo pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité a été descellé le 24 mai 2008, lors de son arrestation en Belgique. Jean-Pierre Bemba a été transféré au centre de détention de la Cour à La Haye le 3 juillet 2008. À la suite de plusieurs conférences officielles et d’une audience de confirmation des charges, étalée sur trois jours, en janvier 2009, la Chambre préliminaire II de la Cour a confirmé les charges de crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre de Jean-Pierre Bemba Gombo et envoyé l’affaire en procès. L’enquête de la CPI en RCA a été ouverte par le Procureur le 22 mai 2007 en vertu d’un renvoi par le gouvernement centrafricain du 7 janvier 2005. Le procès Bemba est le troisième procès de la Cour ; les deux premier procès de la CPI, contre les seigneurs de guerre congolais Thomas Lubanga Dyilo, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, sont en cours. La CPI est la première cour internationale permanente ayant pour objectif de poursuivre les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Il existe actuellement 114 États parties à la CPI. Le principe de complémentarité, au centre du mandat de la Cour, prévoit que la Cour n’interviendra que si les systèmes juridiques nationaux sont incapables ou n’ont pas la volonté d’enquêter et de poursuivre de tels crimes. À ce jour, la CPI a ouvert des enquêtes dans cinq situations : en République centrafricaine, au Darfour (Soudan), en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Kenya. Elle a émis douze mandats d’arrêt et trois citations à comparaître. Le Bureau du Procureur de la CPI a publiquement annoncé examiner huit situations sur quatre continents, y compris en Afghanistan, en Colombie, en Côte d'Ivoire, en Géorgie, en Guinée et en Palestine. La Coalition pour la Cour pénale internationale est un réseau mondial d’organisations de la société civile de 150 pays œuvrant pour une CPI juste, efficace et indépendante et un meilleur accès à la justice pour les victimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Voir le communiqué: 1. "OUVERTURE DU PROCÈS BEMBA À LA HAYE: Le procès contre l’ancien Vice-président de la RDC pour des crimes qu’ils auraient commis en République centrafricaine suscite de grandes attentes" - CCPI - 18 novembre 2010 http://iccnow.org/documents/Opening_of_Bemba_TRial_CICC_18Nov10_FR.pdf (2) "Ouverture du procès contre Jean-Pierre Bemba : L'abnégation et le courage des victimes centrafricaines enfin récompensés" La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), se réjouit de l’ouverture devant la Cour pénale internationale (CPI) le 22 novembre 2010 du procès contre Jean-Pierre Bemba, premier procès sur les crimes commis en République centrafricaine (RCA). Jean-Pierre Bemba est accusé d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en RCA dans le cadre du conflit armé ayant ravagé le pays en 2002 et 2003. « L’ouverture du procès est une étape importante vers l’obtention de la justice pour les victimes de crimes graves commis en RCA, en particulier de crimes sexuels, utilisés systématiquement comme arme de guerre. La date de l’ouverture est symboliquement importante car elle intervient à la veille de la célébration de la journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre », a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Nous nous réjouissons tout particulièrement de la participation, à travers leurs représentants légaux, de centaines de victimes dans cette procédure et espérons qu’elles pourront faire entendre leurs voix ». Jean-Pierre Bemba est Président du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC). Il est poursuivi en qualité de commandant militaire pour trois crimes de guerre (meurtre, viol et pillage) et deux crimes contre l’humanité (viol et meurtre). Ces crimes auraient été commis dans le contexte du conflit armé en 2002 et 2003 en RCA, pendant lequel le MLC soutenait les forces armées du Président centrafricain Ange Félix Patassé contre la tentative de coup d’Etat diligentée par François Bozizé, actuel chef de l’Etat. Depuis 2003, la FIDH et ses organisations membres ont régulièrement soumis des communications au Bureau du Procureur de la CPI sur les crimes commis en RCA, en soulignant la gravité de ces crimes et l’incapacité du système judiciaire national à enquêter et poursuivre les auteurs présumés de tels crimes. Le manque de capacité du système judiciaire centrafricain à traiter de ces crimes a été confirmé par l’arrêt de la Cour de cassation centrafricaine du 11 avril 2006 qui a appelé la CPI à intervenir pour juger les crimes internationaux perpétrés sur le territoire centrafricain. La FIDH souligne l’importance que le Bureau du Procureur continue à mener des enquêtes dans l’objectif de poursuivre les principaux hauts responsables des crimes commis en RCA par toutes les parties au conflit, afin de garantir justice et réparation pour toutes les victimes de crimes relevant de la compétence de la CPI. Par ailleurs, il importe de souligner que le Groupe d’action judiciaire (GAJ) de la FIDH a soutenu des victimes congolaises de crimes qui auraient été commis par Jean Pierre Bemba alors qu’il était à la tête du MLC en RDC, à travers la soumission, en juin 2010, d’un mémoire demandant à la Cour de s’enquérir auprès du Procureur des raisons pour lesquelles celui-ci avait choisi de ne pas poursuivre M. Bemba pour des crimes commis en RDC. [1] L’ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba est en outre l’occasion pour la FIDH de rappeler la mémoire de Maitre Wanfiyo Goungaye, avocat et défenseur des droits de l’Homme en RCA, décédé dans des conditions non encore clairement élucidées, à la veille de l’audience de confirmation des charges de Jean-Pierre Bemba, à laquelle il s’apprêtait à représenter de nombreuses victimes. Contexte La situation en République centrafricaine est sous enquête devant la CPI depuis mai 2007. Elle a été déférée au Procureur par le gouvernement centrafricain en 2004. Elle faisait aussi l’objet de communications transmises chaque année depuis 2003 par la FIDH et ses ligues au Bureau du Procureur. Le 24 mai 2008, Jean-Pierre Bemba était arrêté par les autorités belges, suite à l’émission d’un mandat d’arrêt par la CPI. Le 15 juin 2009, la Chambre préliminaire II de la CPI confirmait les charges à son encontre. Un grand nombre de victimes centrafricaines qui avaient plaidé dès le début pour l’intervention de la CPI sur les crimes commis en 2002-2003, se sont manifestées pour demander à participer aux procédures à l’encontre de Jean-Pierre Bemba. A ce jour, plus de 1400 victimes ont demandé à participer. Ce chiffre est significatif et sans précédent dans l’histoire de la CPI. Voir le communiqué: 1. "Ouverture du procès contre Jean-Pierre Bemba : L'abnégation et le courage des victimes centrafricaines enfin récompensés" - FIDH - 18 novembre 2010 http://www.fidh.org/Ouverture-du-proces-contre-Jean-Pierre-Bemba-L ************************************************ Règlement de la CCPI sur les renvois et poursuites de situations devant la CPI: La Coalition pour la CPI n’est pas un organe de la Cour. La Coalition pour la Cour pénale internationale milite et continuera de militer pour une Cour pénale internationale (CPI) juste, efficace, et indépendante. La Coalition continuera de fournir au jour le jour des informations sur le processus de la CPI et aidera à la coordination au plan mondial, d’actions en vue de la mise en œuvre efficace du Statut de Rome. La Coalition s’efforcera aussi de répondre aux questions et d’informer sur les mécanismes et procédures de déclenchement de la CPI, au fur et à mesures que ceux-ci se dérouleront. La Coalition en tant que telle et son secrétariat n’entendent cependant pas s’impliquer/promouvoir des enquêtes ou des poursuites spécifiques, ou prendre position dans les cas ou situations éventuelles, en cours ou en phase d’analyse devant la Cour. La Coalition s’efforcera au mieux de sensibiliser les populations sur la CPI, sa procédure, ses investigations etc., au fur et à mesures que celles-ci se dérouleront. Par ailleurs, plusieurs organisations membres de la Coalition ainsi que des individus pourraient s’impliquer à des renvois, fournir une assistance juridique et autres soutiens aux enquêtes, ou travailler à cet effet avec des ONG locales. Pour toute Communication à la CPI s’adresser à : Cour Pénale Internationale (CPI) P.O Box 19519 2500 CM La Haye Pays -Bas |
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